Extraits

1. 

Je ne dors plus, je prends du repos
Je ne meurs plus, je voyage
d’une enveloppe à l’autre
Je fais la guerre mais la gagne par l’amour
Je ne t’appelle plus client, patient, lecteur,
collègue, prochain, sujet,
je t’appelle mon semblable
Je n’anticipe plus,
je danse la vie, la providence
Je ne fais plus,
je défais un à un les nœuds
avec patience comme me l’a montré
Papi Louis sur le banc
désembrouillant le diabolo
Je n’apprends plus,
je me déprends
Je ne tiens plus grâce à la foi,
je lui confie le peu que j’ai
et les mains vides,
je saisis à des vitesses,
incroyablement lentes,
ou rapides comme des rêves,
les mamelles de la vie et tête son suc
Je ne fais plus de séparation
entre matière et esprit,
entre corps et pensée,
entre actes et mots,
entre plan réel et symbolique
mais puis les distinguer dans leur continuité
Je ne sais plus, je m’accorde à connaître,
Je ne rêve plus, je vois les signes épars
s’amasser.

 

 

2. 

J’ai caressé l’herbe humide de ton sexe 
ligoté ta rose à mon hennissant gourdin 
tenu ton cristal pour te communiquer 
que mes lèvres ont faim de toi 
que mes mains ont soif de tes vagues 
que mon âme est amoureuse 
que ma vie exulte ton cri